{"id":37,"date":"2026-01-08T14:30:38","date_gmt":"2026-01-08T14:30:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mediation-heritage.fr\/blog\/2026\/01\/08\/donner-sa-part-dindivision-pour-en-sortir-procedure-couts-et-pieges-fiscaux\/"},"modified":"2026-01-08T14:30:38","modified_gmt":"2026-01-08T14:30:38","slug":"donner-sa-part-dindivision-pour-en-sortir-procedure-couts-et-pieges-fiscaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mediation-heritage.fr\/blog\/donner-sa-part-dindivision-pour-en-sortir-procedure-couts-et-pieges-fiscaux\/","title":{"rendered":"Donner sa part d&#8217;indivision pour en sortir : proc\u00e9dure, co\u00fbts et pi\u00e8ges fiscaux"},"content":{"rendered":"<div class='introduction'>\n<p>L&#8217;indivision, situation fr\u00e9quente apr\u00e8s une succession ou un achat immobilier commun, peut devenir source de tensions entre copropri\u00e9taires. Lorsque la cohabitation juridique devient insupportable, <strong>sortir de l&#8217;indivision en donnant sa part<\/strong> constitue une solution m\u00e9connue mais parfois avantageuse. Contrairement \u00e0 la vente classique, cette option permet de transmettre gratuitement ses droits \u00e0 un coh\u00e9ritier ou \u00e0 un tiers, tout en se lib\u00e9rant des contraintes de gestion collective.<\/p>\n<p>Pourtant, cette d\u00e9marche soul\u00e8ve de nombreuses questions : quelles sont les diff\u00e9rences entre donation et cession gratuite ? Comment se d\u00e9roule la proc\u00e9dure notariale ? Quels frais pr\u00e9voir ? Quelles cons\u00e9quences fiscales et successorales anticiper ? Cet article vous guide pas \u00e0 pas pour <strong>donner sa part d&#8217;indivision<\/strong> en toute connaissance de cause, en \u00e9vitant les pi\u00e8ges juridiques et fiscaux qui guettent les indivisaires mal inform\u00e9s.<\/p>\n<\/div>\n<h2>Comprendre l&#8217;indivision et les modalit\u00e9s de sortie<\/h2>\n<div class='section-content'>\n<p>L&#8217;indivision est une situation juridique o\u00f9 plusieurs personnes d\u00e9tiennent ensemble des droits de propri\u00e9t\u00e9 sur un m\u00eame bien, sans que celui-ci soit mat\u00e9riellement divis\u00e9. Chaque indivisaire poss\u00e8de une quote-part abstraite (par exemple 1\/3, 1\/2) du bien indivis, g\u00e9n\u00e9ralement un bien immobilier h\u00e9rit\u00e9 ou acquis en commun.<\/p>\n<p>Cette situation pr\u00e9sente plusieurs inconv\u00e9nients : <strong>unanimit\u00e9 requise pour les actes de disposition<\/strong>, difficult\u00e9s de gestion, blocages d\u00e9cisionnels et tensions familiales potentielles. Face \u00e0 ces contraintes, le Code civil offre plusieurs solutions pour sortir de l&#8217;indivision :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le partage judiciaire<\/strong> : proc\u00e9dure contentieuse permettant de mettre fin \u00e0 l&#8217;indivision m\u00eame contre la volont\u00e9 des autres indivisaires<\/li>\n<li><strong>La cession \u00e0 titre on\u00e9reux<\/strong> : vente de sa part \u00e0 un coh\u00e9ritier ou \u00e0 un tiers<\/li>\n<li><strong>La cession \u00e0 titre gratuit<\/strong> : donation de sa part sans contrepartie financi\u00e8re<\/li>\n<li><strong>La renonciation<\/strong> : abandon pur et simple de ses droits au profit des autres indivisaires<\/li>\n<\/ul>\n<p>Parmi ces options, <strong>donner sa part d&#8217;indivision<\/strong> repr\u00e9sente une alternative int\u00e9ressante pour celui qui souhaite se retirer rapidement sans rechercher de profit financier, tout en favorisant un b\u00e9n\u00e9ficiaire d\u00e9termin\u00e9. Cette solution \u00e9vite les conflits li\u00e9s au partage et permet une transmission patrimoniale anticip\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<h2>Donation vs cession gratuite : comprendre les nuances juridiques<\/h2>\n<div class='section-content'>\n<p>Bien que les termes soient souvent confondus, <strong>donation<\/strong> et <strong>cession gratuite<\/strong> pr\u00e9sentent des diff\u00e9rences juridiques importantes qu&#8217;il convient de ma\u00eetriser avant d&#8217;engager toute d\u00e9marche.<\/p>\n<p><strong>La donation<\/strong> est un acte juridique par lequel une personne (le donateur) transmet de son vivant et gratuitement la propri\u00e9t\u00e9 d&#8217;un bien \u00e0 une autre personne (le donataire) qui l&#8217;accepte. Elle est r\u00e9gie par les articles 894 et suivants du Code civil et pr\u00e9sente les caract\u00e9ristiques suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li>Acte irr\u00e9vocable sauf exceptions limit\u00e9es (ingratitude, inex\u00e9cution des charges)<\/li>\n<li>N\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;un acte notari\u00e9 pour les biens immobiliers<\/li>\n<li>Soumission aux droits de donation selon le lien de parent\u00e9<\/li>\n<li>Possible rapport \u00e0 la succession du donateur (principe du rapport des donations)<\/li>\n<li>Respect de la r\u00e9serve h\u00e9r\u00e9ditaire des h\u00e9ritiers r\u00e9servataires<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>La cession gratuite<\/strong>, quant \u00e0 elle, rel\u00e8ve davantage du droit des contrats. Il s&#8217;agit d&#8217;un transfert de propri\u00e9t\u00e9 sans contrepartie qui peut rev\u00eatir diff\u00e9rentes formes juridiques. Dans le contexte de l&#8217;indivision, elle peut s&#8217;apparenter \u00e0 une renonciation au profit d&#8217;un b\u00e9n\u00e9ficiaire d\u00e9sign\u00e9.<\/p>\n<p>La principale diff\u00e9rence r\u00e9side dans les <strong>cons\u00e9quences fiscales et successorales<\/strong>. Une donation authentique sera syst\u00e9matiquement rapport\u00e9e \u00e0 la succession (sauf clause contraire de dispense de rapport dans certaines limites), tandis qu&#8217;une cession gratuite pourrait, selon les cas, \u00e9chapper partiellement \u00e0 ce m\u00e9canisme. Toutefois, l&#8217;administration fiscale requalifie souvent les cessions gratuites en donations d\u00e9guis\u00e9es, d&#8217;o\u00f9 l&#8217;importance d&#8217;une analyse juridique pr\u00e9alable.<\/p>\n<p>En pratique, pour <strong>c\u00e9der gratuitement sa part d&#8217;indivision<\/strong>, il est fortement recommand\u00e9 d&#8217;opter pour la donation notari\u00e9e qui offre une s\u00e9curit\u00e9 juridique maximale et \u00e9vite les contestations ult\u00e9rieures.<\/p>\n<\/div>\n<h2>La proc\u00e9dure notariale compl\u00e8te pour donner sa part d&#8217;indivision<\/h2>\n<div class='section-content'>\n<p>Donner sa part d&#8217;indivision n\u00e9cessite imp\u00e9rativement l&#8217;intervention d&#8217;un notaire. Cette obligation d\u00e9coule de l&#8217;article 931 du Code civil qui impose la forme authentique pour toute donation portant sur un bien immobilier. Voici le d\u00e9roulement d\u00e9taill\u00e9 de la proc\u00e9dure en 2026.<\/p>\n<\/div>\n<h3>Phase pr\u00e9paratoire et collecte des documents<\/h3>\n<div class='section-content'>\n<p>Avant toute formalisation, le notaire proc\u00e8de \u00e0 un <strong>entretien pr\u00e9alable<\/strong> pour v\u00e9rifier la faisabilit\u00e9 juridique de l&#8217;op\u00e9ration et identifier les enjeux fiscaux. Cette phase n\u00e9cessite la r\u00e9union de plusieurs documents :<\/p>\n<ul>\n<li>Titre de propri\u00e9t\u00e9 du bien indivis (acte d&#8217;acquisition, acte de succession)<\/li>\n<li>Pi\u00e8ces d&#8217;identit\u00e9 du donateur et du donataire<\/li>\n<li>Livret de famille ou acte de naissance (pour \u00e9tablir le lien de parent\u00e9)<\/li>\n<li>Convention d&#8217;indivision si elle existe<\/li>\n<li>Attestation immobili\u00e8re ou extrait cadastral<\/li>\n<li>Diagnostics immobiliers obligatoires (m\u00eame pour une donation)<\/li>\n<li>Justificatif de domicile de moins de 3 mois<\/li>\n<li>Informations sur les donations ant\u00e9rieures (pour calcul des abattements fiscaux)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le notaire v\u00e9rifie \u00e9galement l&#8217;absence d&#8217;<strong>obstacles juridiques<\/strong> : hypoth\u00e8ques, servitudes, droits de pr\u00e9emption, mesures de protection (tutelle, curatelle) qui n\u00e9cessiteraient des autorisations sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<\/div>\n<h3>R\u00e9daction de l&#8217;acte et acceptation<\/h3>\n<div class='section-content'>\n<p>Le notaire r\u00e9dige ensuite l&#8217;<strong>acte de donation de parts indivises<\/strong> qui doit mentionner :<\/p>\n<ul>\n<li>L&#8217;identification pr\u00e9cise du bien indivis (adresse, r\u00e9f\u00e9rences cadastrales)<\/li>\n<li>La quote-part transmise (exemple : 1\/3 en pleine propri\u00e9t\u00e9)<\/li>\n<li>L&#8217;identit\u00e9 compl\u00e8te du donateur et du donataire<\/li>\n<li>Les clauses particuli\u00e8res : dispense de rapport, r\u00e9serve d&#8217;usufruit, charges impos\u00e9es au donataire<\/li>\n<li>Les modalit\u00e9s de paiement des droits de donation<\/li>\n<\/ul>\n<p>La <strong>lecture et signature de l&#8217;acte<\/strong> se d\u00e9roulent au cabinet du notaire en pr\u00e9sence des deux parties. L&#8217;acceptation du donataire est formalis\u00e9e dans l&#8217;acte m\u00eame. Cette acceptation est essentielle : sans elle, la donation n&#8217;est pas parfaite juridiquement.<\/p>\n<p>Un point d&#8217;attention particulier concerne la <strong>notification aux autres indivisaires<\/strong>. Bien que le droit de pr\u00e9emption des coindivisaires (article 815-14 du Code civil) ne s&#8217;applique qu&#8217;aux cessions \u00e0 titre on\u00e9reux, il est recommand\u00e9 d&#8217;informer les autres copropri\u00e9taires par courtoisie et pour pr\u00e9venir tout contentieux ult\u00e9rieur.<\/p>\n<\/div>\n<h3>Formalit\u00e9s d&#8217;enregistrement et de publicit\u00e9 fonci\u00e8re<\/h3>\n<div class='section-content'>\n<p>Apr\u00e8s signature, le notaire proc\u00e8de aux <strong>formalit\u00e9s obligatoires<\/strong> dans un d\u00e9lai d&#8217;un mois :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Enregistrement au service de publicit\u00e9 fonci\u00e8re<\/strong> (ex-conservation des hypoth\u00e8ques) : cette formalit\u00e9 rend la donation opposable aux tiers et actualise le fichier immobilier<\/li>\n<li><strong>D\u00e9claration et paiement des droits de donation<\/strong> aupr\u00e8s de l&#8217;administration fiscale<\/li>\n<li><strong>Notification fiscale<\/strong> pour mise \u00e0 jour de la taxe fonci\u00e8re et des avis d&#8217;imposition<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le <strong>d\u00e9lai global de la proc\u00e9dure<\/strong> s&#8217;\u00e9tend g\u00e9n\u00e9ralement entre 2 et 3 mois, selon la complexit\u00e9 du dossier et les d\u00e9lais administratifs. En 2026, la digitalisation progressive des services notariaux et du service de publicit\u00e9 fonci\u00e8re tend \u00e0 r\u00e9duire ces d\u00e9lais, notamment gr\u00e2ce au T\u00e9l\u00e9service T\u00e9l\u00e9@ctes.<\/p>\n<\/div>\n<h2>Calcul d\u00e9taill\u00e9 des frais et de la fiscalit\u00e9 applicable<\/h2>\n<div class='section-content'>\n<p>Contrairement \u00e0 une id\u00e9e re\u00e7ue, <strong>donner sa part d&#8217;indivision<\/strong> n&#8217;est pas gratuit. Cette op\u00e9ration g\u00e9n\u00e8re plusieurs types de co\u00fbts qu&#8217;il convient d&#8217;anticiper pr\u00e9cis\u00e9ment pour \u00e9viter les mauvaises surprises.<\/p>\n<\/div>\n<h3>Les \u00e9moluments du notaire<\/h3>\n<div class='section-content'>\n<p>Les honoraires notariaux sont r\u00e9glement\u00e9s par un <strong>tarif proportionnel<\/strong> fix\u00e9 par d\u00e9cret. En 2026, pour une donation immobili\u00e8re, les \u00e9moluments se calculent selon un bar\u00e8me d\u00e9gressif appliqu\u00e9 \u00e0 la valeur du bien transmis :<\/p>\n<ul>\n<li>De 0 \u00e0 6 500 \u20ac : 4,931 %<\/li>\n<li>De 6 500 \u20ac \u00e0 17 000 \u20ac : 2,034 %<\/li>\n<li>De 17 000 \u20ac \u00e0 60 000 \u20ac : 1,356 %<\/li>\n<li>Au-del\u00e0 de 60 000 \u20ac : 1,017 %<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Exemple concret<\/strong> : pour une quote-part d&#8217;indivision valoris\u00e9e \u00e0 100 000 \u20ac, les \u00e9moluments s&#8217;\u00e9l\u00e8vent \u00e0 environ 1 500 \u20ac HT, soit 1 800 \u20ac TTC (TVA \u00e0 20 %).<\/p>\n<p>\u00c0 ces \u00e9moluments s&#8217;ajoutent les <strong>d\u00e9bours<\/strong> (frais avanc\u00e9s par le notaire) : extraits cadastraux, frais de publicit\u00e9 fonci\u00e8re, copies d&#8217;actes, qui repr\u00e9sentent g\u00e9n\u00e9ralement entre 300 et 500 \u20ac.<\/p>\n<\/div>\n<h3>Les droits de mutation \u00e0 titre gratuit<\/h3>\n<div class='section-content'>\n<p>La donation de parts indivises est soumise aux <strong>droits de donation<\/strong> dont le montant varie consid\u00e9rablement selon le lien de parent\u00e9 entre donateur et donataire. En 2026, le bar\u00e8me applicable est le suivant :<\/p>\n<p><strong>Donations en ligne directe (parents-enfants) :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Abattement personnel : 100 000 \u20ac par parent et par enfant tous les 15 ans<\/li>\n<li>Puis bar\u00e8me progressif : 5 % jusqu&#8217;\u00e0 8 072 \u20ac, 10 % jusqu&#8217;\u00e0 12 109 \u20ac, 15 % jusqu&#8217;\u00e0 15 932 \u20ac, 20 % jusqu&#8217;\u00e0 552 324 \u20ac, 30 % jusqu&#8217;\u00e0 902 838 \u20ac, 40 % jusqu&#8217;\u00e0 1 805 677 \u20ac, 45 % au-del\u00e0<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Donations entre fr\u00e8res et s\u0153urs :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Abattement : 15 932 \u20ac<\/li>\n<li>Puis 35 % jusqu&#8217;\u00e0 24 430 \u20ac, et 45 % au-del\u00e0<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Donations \u00e0 des neveux ou ni\u00e8ces :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Abattement : 7 967 \u20ac<\/li>\n<li>Taux unique : 55 %<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Donations entre non-parents :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Aucun abattement (sauf exceptions : personnes handicap\u00e9es, partenaire de PACS sous conditions)<\/li>\n<li>Taux : 60 %<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Cas pratique chiffr\u00e9<\/strong> : Sophie souhaite <strong>donner sa part d&#8217;indivision<\/strong> d&#8217;une valeur de 150 000 \u20ac \u00e0 son fr\u00e8re Marc en 2026. Calcul des droits :<\/p>\n<ul>\n<li>Valeur transmise : 150 000 \u20ac<\/li>\n<li>Abattement fratrie : -15 932 \u20ac<\/li>\n<li>Base taxable : 134 068 \u20ac<\/li>\n<li>Tranche \u00e0 35 % : 24 430 \u20ac \u00d7 35 % = 8 550,50 \u20ac<\/li>\n<li>Tranche \u00e0 45 % : 109 638 \u20ac \u00d7 45 % = 49 337,10 \u20ac<\/li>\n<li><strong>Droits totaux : 57 887,60 \u20ac<\/strong><\/li>\n<li>\u00c9moluments notaire : environ 1 800 \u20ac<\/li>\n<li><strong>Co\u00fbt global : environ 59 700 \u20ac<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Ce montant \u00e9lev\u00e9 explique pourquoi il est essentiel de bien \u00e9tudier l&#8217;opportunit\u00e9 de <strong>donner sa part d&#8217;indivision \u00e0 son fr\u00e8re<\/strong> plut\u00f4t que d&#8217;envisager une vente.<\/p>\n<\/div>\n<h3>Optimisations fiscales possibles<\/h3>\n<div class='section-content'>\n<p>Plusieurs m\u00e9canismes permettent de r\u00e9duire la charge fiscale :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Donation avec r\u00e9serve d&#8217;usufruit<\/strong> : le donateur conserve l&#8217;usage du bien et ne transmet que la nue-propri\u00e9t\u00e9, ce qui diminue la base taxable (abattement de 30 \u00e0 60 % selon l&#8217;\u00e2ge du donateur)<\/li>\n<li><strong>Donations \u00e9chelonn\u00e9es<\/strong> : \u00e9taler les transmissions dans le temps pour b\u00e9n\u00e9ficier plusieurs fois des abattements (renouvelables tous les 15 ans)<\/li>\n<li><strong>Donation-partage<\/strong> : m\u00e9canisme sp\u00e9cifique \u00e9voqu\u00e9 plus loin<\/li>\n<li><strong>Application des r\u00e9ductions de droits<\/strong> : 50 % de r\u00e9duction si le donateur a moins de 70 ans (uniquement pour les donations en pleine propri\u00e9t\u00e9 en ligne directe)<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<h2>Donner sa part d&#8217;indivision \u00e0 un coh\u00e9ritier ou \u00e0 un tiers : quelles diff\u00e9rences ?<\/h2>\n<div class='section-content'>\n<p>Le choix du b\u00e9n\u00e9ficiaire de la donation emporte des cons\u00e9quences juridiques et pratiques significatives qu&#8217;il convient d&#8217;analyser attentivement.<\/p>\n<\/div>\n<h3>Donation \u00e0 un coh\u00e9ritier : simplification de l&#8217;indivision<\/h3>\n<div class='section-content'>\n<p><strong>Donner sa part d&#8217;indivision \u00e0 son fr\u00e8re<\/strong> ou \u00e0 tout autre coh\u00e9ritier pr\u00e9sente plusieurs avantages :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Concentration des droits<\/strong> : r\u00e9duction du nombre d&#8217;indivisaires facilitant la gestion future ou le partage<\/li>\n<li><strong>Climat familial<\/strong> : peut apaiser les tensions en permettant \u00e0 celui qui souhaite conserver le bien de renforcer sa position<\/li>\n<li><strong>Pas de droit de pr\u00e9emption<\/strong> \u00e0 exercer puisqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une donation<\/li>\n<\/ul>\n<p>Toutefois, cette option pr\u00e9sente des <strong>inconv\u00e9nients fiscaux notables<\/strong> selon le degr\u00e9 de parent\u00e9. Comme illustr\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, les donations entre fr\u00e8res et s\u0153urs supportent une taxation de 35 \u00e0 45 % apr\u00e8s un abattement modeste de 15 932 \u20ac, ce qui peut repr\u00e9senter un co\u00fbt prohibitif.<\/p>\n<p><strong>T\u00e9moignage<\/strong> : \u00ab Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de notre m\u00e8re, mon fr\u00e8re et moi avons h\u00e9rit\u00e9 de la maison familiale en indivision. Souhaitant m&#8217;installer \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger et sans besoin financier imm\u00e9diat, j&#8217;ai envisag\u00e9 de lui donner ma part pour lui \u00e9viter d&#8217;emprunter. Le notaire nous a alert\u00e9s sur le montant des droits : 48 000 \u20ac pour une part valoris\u00e9e \u00e0 130 000 \u20ac. Finalement, nous avons opt\u00e9 pour un partage amiable avec soulte r\u00e9duite et paiement diff\u00e9r\u00e9, fiscalement plus avantageux. \u00bb &#8211; Julien, 42 ans, Paris.<\/p>\n<\/div>\n<h3>Donation \u00e0 un tiers : vigilance accrue<\/h3>\n<div class='section-content'>\n<p>Il est parfaitement possible de <strong>c\u00e9der gratuitement sa part d&#8217;indivision<\/strong> \u00e0 une personne ext\u00e9rieure \u00e0 l&#8217;indivision d&#8217;origine (ami, conjoint non mari\u00e9, association, etc.). Cette hypoth\u00e8se soul\u00e8ve n\u00e9anmoins plusieurs difficult\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Fiscalit\u00e9 maximale<\/strong> : taxation \u00e0 60 % au-del\u00e0 de rares abattements pour les non-parents<\/li>\n<li><strong>Entr\u00e9e d&#8217;un tiers dans l&#8217;indivision<\/strong> : peut cr\u00e9er des tensions avec les coindivisaires restants qui n&#8217;ont pas choisi ce nouveau partenaire<\/li>\n<li><strong>Droit d&#8217;agr\u00e9ment<\/strong> : si une convention d&#8217;indivision existe, elle peut pr\u00e9voir une clause d&#8217;agr\u00e9ment imposant l&#8217;accord des autres indivisaires<\/li>\n<li><strong>Requalification fiscale<\/strong> : l&#8217;administration peut suspecter une donation d\u00e9guis\u00e9e si le b\u00e9n\u00e9ficiaire entretient des liens particuliers avec le donateur<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans ce contexte, la <strong>m\u00e9diation<\/strong> peut s&#8217;av\u00e9rer pr\u00e9cieuse pour obtenir l&#8217;accord des autres indivisaires et \u00e9viter un contentieux ult\u00e9rieur.<\/p>\n<\/div>\n<h2>Quand la m\u00e9diation facilite l&#8217;accord sur la donation<\/h2>\n<div class='section-content'>\n<p>Les situations d&#8217;indivision sont fr\u00e9quemment sources de <strong>conflits familiaux<\/strong> ou entre copropri\u00e9taires. Lorsque le projet de donner sa part suscite des oppositions ou des incompr\u00e9hensions, le recours \u00e0 un m\u00e9diateur professionnel peut d\u00e9bloquer la situation.<\/p>\n<p>La <strong>m\u00e9diation en mati\u00e8re d&#8217;indivision<\/strong> pr\u00e9sente plusieurs avantages :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Espace de dialogue neutre<\/strong> : permet d&#8217;exprimer les positions de chacun sans escalade conflictuelle<\/li>\n<li><strong>Solutions cr\u00e9atives<\/strong> : le m\u00e9diateur aide \u00e0 identifier des options que les parties n&#8217;avaient pas envisag\u00e9es (donation partielle, donation temporaire avec clause de retour, donation avec charges, etc.)<\/li>\n<li><strong>\u00c9conomies<\/strong> : \u00e9vite les co\u00fbts et d\u00e9lais d&#8217;une proc\u00e9dure judiciaire de partage<\/li>\n<li><strong>Pr\u00e9servation des relations<\/strong> : maintient autant que possible les liens familiaux<\/li>\n<\/ul>\n<p>En 2026, les notaires sont de plus en plus form\u00e9s aux techniques de <strong>n\u00e9gociation collaborative<\/strong> et peuvent parfois jouer ce r\u00f4le de facilitateur. Sinon, des m\u00e9diateurs sp\u00e9cialis\u00e9s en droit de la famille et en droit patrimonial interviennent moyennant des honoraires g\u00e9n\u00e9ralement compris entre 150 et 250 \u20ac de l&#8217;heure.<\/p>\n<p><strong>Cas concret<\/strong> : Trois s\u0153urs h\u00e9ritent d&#8217;un appartement. L&#8217;une souhaite le conserver, la deuxi\u00e8me veut vendre, la troisi\u00e8me propose de donner sa part \u00e0 la premi\u00e8re mais exige en contrepartie la prise en charge de travaux urgents. Apr\u00e8s quatre s\u00e9ances de m\u00e9diation, un accord est trouv\u00e9 : donation de la troisi\u00e8me avec une clause de charge (r\u00e9alisation des travaux estim\u00e9s \u00e0 15 000 \u20ac), et rachat par la premi\u00e8re de la part de la deuxi\u00e8me avec un paiement diff\u00e9r\u00e9 sur 3 ans. Co\u00fbt de la m\u00e9diation : 1 200 \u20ac, soit bien moins qu&#8217;une proc\u00e9dure de partage judiciaire.<\/p>\n<\/div>\n<h2>La donation-partage en indivision : un outil m\u00e9connu mais puissant<\/h2>\n<div class='section-content'>\n<p>La <strong>donation-partage<\/strong> constitue un m\u00e9canisme juridique sp\u00e9cifique particuli\u00e8rement adapt\u00e9 lorsque l&#8217;indivision trouve son origine dans une succession et que le donateur souhaite anticiper sa propre succession.<\/p>\n<p>Pr\u00e9vue aux articles 1075 et suivants du Code civil, la donation-partage permet \u00e0 une personne de <strong>r\u00e9partir de son vivant tout ou partie de ses biens<\/strong> entre ses h\u00e9ritiers pr\u00e9somptifs. Ses caract\u00e9ristiques principales sont :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Fixation d\u00e9finitive des valeurs<\/strong> : contrairement \u00e0 une donation simple, les biens donn\u00e9s sont \u00e9valu\u00e9s au jour de la donation-partage et non au jour du d\u00e9c\u00e8s, ce qui fige les valeurs et \u00e9vite les contestations ult\u00e9rieures<\/li>\n<li><strong>Pas de rapport \u00e0 succession<\/strong> : les biens transmis par donation-partage ne sont pas rapportables (sauf clause contraire), ce qui simplifie le r\u00e8glement ult\u00e9rieur de la succession<\/li>\n<li><strong>\u00c9galit\u00e9 pr\u00e9sum\u00e9e<\/strong> : lorsque tous les enfants re\u00e7oivent une part, la donation-partage est pr\u00e9sum\u00e9e respecter l&#8217;\u00e9galit\u00e9 entre eux<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<h3>Application \u00e0 l&#8217;indivision<\/h3>\n<div class='section-content'>\n<p>Dans le contexte d&#8217;une indivision, la donation-partage peut prendre deux formes :<\/p>\n<p><strong>1. Donation-partage classique incluant la part indivise<\/strong><\/p>\n<p>Un indivisaire, qui est \u00e9galement parent, peut int\u00e9grer sa part indivise dans une donation-partage plus globale r\u00e9partissant l&#8217;ensemble ou une partie de son patrimoine entre ses enfants. Par exemple, un p\u00e8re poss\u00e8de 1\/2 d&#8217;une maison en indivision avec son fr\u00e8re, plus un appartement en pleine propri\u00e9t\u00e9. Il peut faire une donation-partage attribuant la moiti\u00e9 indivise de la maison \u00e0 son fils a\u00een\u00e9 et l&#8217;appartement \u00e0 son cadet.<\/p>\n<p><strong>2. Donation-partage conjonctive<\/strong><\/p>\n<p>Lorsque plusieurs indivisaires sont parents des m\u00eames enfants (ex : deux \u00e9poux ayant re\u00e7u un bien en indivision successorale), ils peuvent r\u00e9aliser une <strong>donation-partage conjonctive<\/strong> regroupant leurs parts respectives. Cette technique est particuli\u00e8rement efficace pour transmettre un bien indivis \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration suivante tout en sortant de l&#8217;indivision.<\/p>\n<p><strong>Avantages sp\u00e9cifiques en contexte d&#8217;indivision :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Permet de <strong>sortir de l&#8217;indivision<\/strong> tout en r\u00e9alisant une transmission patrimoniale organis\u00e9e<\/li>\n<li>\u00c9vite les conflits de valorisation puisque la valeur est fix\u00e9e au jour de l&#8217;acte<\/li>\n<li>Peut \u00eatre combin\u00e9e avec une <strong>r\u00e9serve d&#8217;usufruit<\/strong> permettant au donateur de continuer \u00e0 jouir du bien<\/li>\n<li>Fiscalit\u00e9 identique \u00e0 une donation simple mais avec les avantages successoraux \u00e9voqu\u00e9s<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Exemple chiffr\u00e9<\/strong> : Madame Dubois, 68 ans, poss\u00e8de 1\/3 d&#8217;une maison de famille valoris\u00e9e \u00e0 450 000 \u20ac (sa part vaut donc 150 000 \u20ac). Elle a deux enfants, Pierre et Marie. Elle r\u00e9alise une donation-partage en attribuant sa part indivise aux deux enfants en nue-propri\u00e9t\u00e9 (elle conserve l&#8217;usufruit), soit 1\/6 chacun. Avec l&#8217;usufruit r\u00e9serv\u00e9, la valeur taxable est r\u00e9duite de 40 % (compte tenu de son \u00e2ge), soit 90 000 \u20ac, donc 45 000 \u20ac par enfant. Apr\u00e8s application de l&#8217;abattement de 100 000 \u20ac par enfant, aucun droit n&#8217;est d\u00fb. Seuls les frais de notaire (environ 1 800 \u20ac) sont \u00e0 r\u00e9gler. \u00c0 son d\u00e9c\u00e8s, cette part ne sera pas r\u00e9\u00e9valu\u00e9e et les enfants deviendront pleins propri\u00e9taires sans nouvelle taxation.<\/p>\n<\/div>\n<h2>Cons\u00e9quences sur la r\u00e9serve h\u00e9r\u00e9ditaire et risques de rapport<\/h2>\n<div class='section-content'>\n<p>Toute donation, y compris celle portant sur une part d&#8217;indivision, doit \u00eatre analys\u00e9e au regard du <strong>droit des successions<\/strong> et notamment des m\u00e9canismes protecteurs des h\u00e9ritiers r\u00e9servataires.<\/p>\n<\/div>\n<h3>Principe de la r\u00e9serve h\u00e9r\u00e9ditaire<\/h3>\n<div class='section-content'>\n<p>En France, le Code civil prot\u00e8ge certains h\u00e9ritiers en leur garantissant une part minimale du patrimoine du d\u00e9funt, appel\u00e9e <strong>r\u00e9serve h\u00e9r\u00e9ditaire<\/strong>. En 2026, cette r\u00e9serve b\u00e9n\u00e9ficie exclusivement aux descendants (enfants, petits-enfants si les enfants sont pr\u00e9d\u00e9c\u00e9d\u00e9s) :<\/p>\n<ul>\n<li>1 enfant : r\u00e9serve de 1\/2 du patrimoine<\/li>\n<li>2 enfants : r\u00e9serve de 2\/3 (soit 1\/3 chacun)<\/li>\n<li>3 enfants ou plus : r\u00e9serve de 3\/4 (\u00e0 partager \u00e9galement)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le solde constitue la <strong>quotit\u00e9 disponible<\/strong>, dont le d\u00e9funt peut disposer librement par donation ou testament.<\/p>\n<p>Lorsqu&#8217;une personne <strong>donne sa part d&#8217;indivision<\/strong>, cette donation s&#8217;impute d&#8217;abord sur la quotit\u00e9 disponible. Si elle exc\u00e8de cette quotit\u00e9, elle entame la r\u00e9serve des h\u00e9ritiers, ce qui peut donner lieu \u00e0 une <strong>action en r\u00e9duction<\/strong> apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s du donateur.<\/p>\n<\/div>\n<h3>Le m\u00e9canisme du rapport des donations<\/h3>\n<div class='section-content'>\n<p>Distinct de la r\u00e9serve h\u00e9r\u00e9ditaire, le <strong>rapport<\/strong> est une op\u00e9ration comptable r\u00e9alis\u00e9e lors du r\u00e8glement de la succession. Son objectif est d&#8217;assurer l&#8217;\u00e9galit\u00e9 entre les h\u00e9ritiers en tenant compte des avantages re\u00e7us du vivant du d\u00e9funt.<\/p>\n<p>Principe : tout h\u00e9ritier venant \u00e0 la succession doit rapporter \u00e0 la masse successorale les donations qu&#8217;il a re\u00e7ues du d\u00e9funt, sauf si celui-ci l&#8217;a dispens\u00e9 du rapport ou a fait la donation sur la quotit\u00e9 disponible.<\/p>\n<p><strong>Application pratique<\/strong> : Monsieur Martin avait deux enfants, Jean et Lucie. De son vivant, il a donn\u00e9 sa part d&#8217;indivision (valeur 100 000 \u20ac) \u00e0 Jean. \u00c0 son d\u00e9c\u00e8s en 2026, il laisse un patrimoine de 200 000 \u20ac. Pour calculer les parts :<\/p>\n<ul>\n<li>Masse de calcul : 200 000 \u20ac + 100 000 \u20ac (donation rapport\u00e9e) = 300 000 \u20ac<\/li>\n<li>Part de chaque enfant : 150 000 \u20ac<\/li>\n<li>Jean a d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u 100 000 \u20ac, il ne re\u00e7oit que 50 000 \u20ac en num\u00e9raire<\/li>\n<li>Lucie re\u00e7oit 150 000 \u20ac<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ce m\u00e9canisme peut cr\u00e9er des <strong>tensions familiales<\/strong> si la donation n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 anticip\u00e9e et expliqu\u00e9e. D&#8217;o\u00f9 l&#8217;importance de la transparence et, \u00e9ventuellement, d&#8217;une clause de dispense de rapport si le donateur le souhaite (dans la limite de la quotit\u00e9 disponible).<\/p>\n<\/div>\n<h3>Risques et strat\u00e9gies de protection<\/h3>\n<div class='section-content'>\n<p>Les principaux risques li\u00e9s \u00e0 une donation de part indivise sont :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Action en r\u00e9duction<\/strong> : si la donation d\u00e9passe la quotit\u00e9 disponible, les h\u00e9ritiers r\u00e9servataires peuvent, apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s, demander la r\u00e9duction de la donation. Le donataire devra alors indemniser les coh\u00e9ritiers, ce qui peut cr\u00e9er des situations financi\u00e8res d\u00e9licates.<\/li>\n<li><strong>R\u00e9\u00e9valuation des biens donn\u00e9s<\/strong> : pour calculer la r\u00e9serve et la quotit\u00e9 disponible, tous les biens donn\u00e9s sont \u00e9valu\u00e9s au jour du d\u00e9c\u00e8s du donateur, ce qui peut faire appara\u00eetre un d\u00e9passement si le bien a pris de la valeur.<\/li>\n<li><strong>Conflits entre h\u00e9ritiers<\/strong> : sentiment d&#8217;injustice de ceux qui n&#8217;ont rien re\u00e7u<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Strat\u00e9gies de protection :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Donation-partage<\/strong> : comme \u00e9voqu\u00e9, fixe d\u00e9finitivement les valeurs et \u00e9carte le rapport<\/li>\n<li><strong>Clause de pr\u00e9ciput<\/strong> : entre \u00e9poux, permet d&#8217;avantager le survivant en lui attribuant certains biens hors succession<\/li>\n<li><strong>Assurance-vie<\/strong> : compl\u00e9ter la donation par une assurance-vie au profit des autres h\u00e9ritiers pour r\u00e9\u00e9quilibrer<\/li>\n<li><strong>Communication familiale<\/strong> : expliquer en amont les motivations de la donation pour pr\u00e9venir les incompr\u00e9hensions<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<h2>Comment renoncer purement et simplement \u00e0 sa part d&#8217;indivision ?<\/h2>\n<div class='section-content'>\n<p>Une derni\u00e8re option, distincte de la donation, m\u00e9rite d&#8217;\u00eatre mentionn\u00e9e : la <strong>renonciation pure et simple<\/strong> \u00e0 sa part d&#8217;indivision. Cette solution juridique permet de se retirer de l&#8217;indivision sans d\u00e9signer de b\u00e9n\u00e9ficiaire sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p><strong>Fonctionnement :<\/strong> L&#8217;indivisaire renonce \u00e0 ses droits qui sont alors automatiquement r\u00e9partis entre les autres indivisaires proportionnellement \u00e0 leurs quotes-parts respectives. Par exemple, si trois fr\u00e8res d\u00e9tiennent chacun 1\/3 et que l&#8217;un renonce, les deux autres deviennent propri\u00e9taires \u00e0 hauteur de 1\/2 chacun.<\/p>\n<p><strong>Avantages :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Simplicit\u00e9<\/strong> : pas besoin de choisir un b\u00e9n\u00e9ficiaire<\/li>\n<li><strong>Co\u00fbt r\u00e9duit<\/strong> : pas de droits de donation \u00e0 payer, seulement les frais de notaire<\/li>\n<li><strong>Rapidit\u00e9<\/strong> : proc\u00e9dure moins lourde qu&#8217;une donation<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Inconv\u00e9nients :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Perte de contr\u00f4le<\/strong> : impossibilit\u00e9 de choisir le b\u00e9n\u00e9ficiaire final<\/li>\n<li><strong>Requalification fiscale possible<\/strong> : si l&#8217;intention lib\u00e9rale est \u00e9tablie, l&#8217;administration peut requalifier la renonciation en donation d\u00e9guis\u00e9e<\/li>\n<li><strong>Cons\u00e9quences successorales<\/strong> : selon la jurisprudence, une renonciation peut \u00eatre requalifi\u00e9e en donation indirecte au profit des b\u00e9n\u00e9ficiaires effectifs<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Co\u00fbt de la renonciation :<\/strong> En 2026, les frais se limitent g\u00e9n\u00e9ralement aux \u00e9moluments du notaire (environ 500 \u00e0 800 \u20ac selon la valeur) et aux frais de publicit\u00e9 fonci\u00e8re (environ 300 \u20ac), soit un total d&#8217;environ 800 \u00e0 1 100 \u20ac, ce qui est nettement inf\u00e9rieur \u00e0 une donation classique.<\/p>\n<p><strong>Important :<\/strong> La renonciation \u00e0 part d&#8217;indivision ne doit pas \u00eatre confondue avec la <strong>renonciation \u00e0 succession<\/strong> (pr\u00e9vue \u00e0 l&#8217;article 804 du Code civil) qui intervient avant l&#8217;acceptation d&#8217;une succession et produit des effets radicalement diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>La renonciation \u00e0 sa part d&#8217;indivision reste une option marginale, pertinente uniquement lorsque l&#8217;indivisaire souhaite se retirer rapidement sans consid\u00e9ration particuli\u00e8re quant au b\u00e9n\u00e9ficiaire final, et lorsque la valeur de sa part est relativement modeste.<\/p>\n<\/div>\n<h2>Cas pratiques et t\u00e9moignages chiffr\u00e9s<\/h2>\n<div class='section-content'>\n<p>Pour mieux comprendre les implications concr\u00e8tes de ces diff\u00e9rentes options, examinons plusieurs situations r\u00e9elles rencontr\u00e9es par des notaires en 2026.<\/p>\n<p><strong>Cas n\u00b01 : Donation entre \u00e9poux pour sortir d&#8217;une indivision successorale<\/strong><\/p>\n<p>Contexte : Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de sa m\u00e8re, Marie h\u00e9rite avec son \u00e9poux d&#8217;un bien en indivision avec sa s\u0153ur Christine. Marie d\u00e9tient 1\/2, son \u00e9poux 1\/4 (ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&#8217;une donation du vivant de la belle-m\u00e8re), et Christine 1\/4. Pour simplifier, l&#8217;\u00e9poux de Marie souhaite lui donner sa part.<\/p>\n<ul>\n<li>Valeur du bien : 320 000 \u20ac<\/li>\n<li>Part donn\u00e9e : 1\/4 = 80 000 \u20ac<\/li>\n<li>Donation entre \u00e9poux : abattement de 80 724 \u20ac (en 2026)<\/li>\n<li>Base taxable : 0 \u20ac (la donation reste sous l&#8217;abattement)<\/li>\n<li>Droits de donation : 0 \u20ac<\/li>\n<li>Frais de notaire : 1 450 \u20ac<\/li>\n<li><strong>Co\u00fbt total : 1 450 \u20ac<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>R\u00e9sultat : Marie d\u00e9tient d\u00e9sormais 3\/4 du bien et peut plus facilement n\u00e9gocier un rachat ou un partage avec sa s\u0153ur.<\/p>\n<p><strong>Cas n\u00b02 : Donation d&#8217;un oncle \u00e0 sa ni\u00e8ce<\/strong><\/p>\n<p>Contexte : Monsieur Dupont, 72 ans, c\u00e9libataire sans enfant, d\u00e9tient 1\/3 d&#8217;une propri\u00e9t\u00e9 familiale en indivision avec ses deux neveux. Souhaitant favoriser sa ni\u00e8ce Claire qui s&#8217;occupe de lui, il d\u00e9cide de lui donner sa part.<\/p>\n<ul>\n<li>Valeur de la part : 180 000 \u20ac<\/li>\n<li>Abattement oncle-ni\u00e8ce : 7 967 \u20ac<\/li>\n<li>Base taxable : 172 033 \u20ac<\/li>\n<li>Droits \u00e0 55 % : 94 618,15 \u20ac<\/li>\n<li>Frais de notaire : 1 850 \u20ac<\/li>\n<li><strong>Co\u00fbt total : 96 468 \u20ac<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>T\u00e9moignage de Claire : \u00ab J&#8217;\u00e9tais touch\u00e9e de l&#8217;intention de mon oncle, mais ce montant repr\u00e9sentait une somme consid\u00e9rable que je ne pouvais pas r\u00e9unir. Sur conseil du notaire, nous avons finalement opt\u00e9 pour un legs par testament. Mon oncle a ainsi conserv\u00e9 sa part de son vivant, et je l&#8217;h\u00e9riterai \u00e0 son d\u00e9c\u00e8s avec une fiscalit\u00e9 identique mais un paiement diff\u00e9r\u00e9. Par ailleurs, nous avons souscrit une assurance-vie dont je suis b\u00e9n\u00e9ficiaire pour compl\u00e9ter la transmission de mani\u00e8re fiscalement optimis\u00e9e. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Cas n\u00b03 : Donation-partage transg\u00e9n\u00e9rationnelle<\/strong><\/p>\n<p>Contexte : Madame Lef\u00e8vre, 70 ans, et son fr\u00e8re d\u00e9tiennent une maison de famille en indivision (chacun 1\/2). Elle souhaite transmettre sa part directement \u00e0 ses deux petits-enfants (ses propres enfants sont d&#8217;accord pour \u00ab sauter \u00bb une g\u00e9n\u00e9ration).<\/p>\n<ul>\n<li>Valeur de la part : 200 000 \u20ac<\/li>\n<li>Donation-partage avec r\u00e9serve d&#8217;usufruit<\/li>\n<li>Nue-propri\u00e9t\u00e9 (40 % de d\u00e9cote \u00e0 70 ans) : 120 000 \u20ac<\/li>\n<li>Chaque petit-enfant re\u00e7oit 60 000 \u20ac<\/li>\n<li>Abattement grand-parent\/petit-enfant : 31 865 \u20ac chacun<\/li>\n<li>Base taxable par petit-enfant : 28 135 \u20ac<\/li>\n<li>Droits (bar\u00e8me ligne directe) : environ 3 100 \u20ac chacun<\/li>\n<li><strong>Droits totaux : 6 200 \u20ac<\/strong><\/li>\n<li>Frais de notaire : 1 900 \u20ac<\/li>\n<li><strong>Co\u00fbt total : 8 100 \u20ac<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Avantages : Madame Lef\u00e8vre continue de profiter de la maison, transmet son patrimoine en optimisant la fiscalit\u00e9 (d\u00e9membrement + donation-partage), et les petits-enfants recevront la pleine propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 son d\u00e9c\u00e8s sans taxation suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n<\/div>\n<div class='conclusion'>\n<p><strong>Sortir de l&#8217;indivision en donnant sa part<\/strong> constitue une solution juridiquement solide mais fiscalement co\u00fbteuse qui n\u00e9cessite une analyse approfondie au cas par cas. Comme nous l&#8217;avons vu, les implications varient consid\u00e9rablement selon le lien de parent\u00e9 avec le b\u00e9n\u00e9ficiaire, la valeur du bien, et les objectifs patrimoniaux du donateur.<\/p>\n<p>Les cl\u00e9s du succ\u00e8s r\u00e9sident dans l&#8217;<strong>anticipation<\/strong> (\u00e9valuer les co\u00fbts r\u00e9els avant de s&#8217;engager), l&#8217;<strong>optimisation fiscale<\/strong> (r\u00e9serve d&#8217;usufruit, donation-partage, donations \u00e9chelonn\u00e9es), et la <strong>communication<\/strong> avec les autres parties prenantes, \u00e9ventuellement facilit\u00e9e par une m\u00e9diation. Le recours \u00e0 un notaire exp\u00e9riment\u00e9 et, si n\u00e9cessaire, \u00e0 un avocat fiscaliste, s&#8217;av\u00e8re indispensable pour s\u00e9curiser l&#8217;op\u00e9ration et \u00e9viter les pi\u00e8ges successoraux.<\/p>\n<p>Enfin, rappelons qu&#8217;il existe des alternatives \u00e0 la donation pure et simple : vente \u00e0 prix r\u00e9duit (avec application des droits de donation sur la d\u00e9cote), \u00e9change de biens, attribution pr\u00e9f\u00e9rentielle dans le cadre d&#8217;un partage&#8230; Chaque situation est unique et m\u00e9rite un conseil personnalis\u00e9 pour identifier la solution la plus adapt\u00e9e \u00e0 vos besoins et \u00e0 votre situation familiale et patrimoniale.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9couvrez comment sortir de l&#8217;indivision en donnant sa part : proc\u00e9dure notariale, co\u00fbts d\u00e9taill\u00e9s, fiscalit\u00e9 applicable et pi\u00e8ges \u00e0 \u00e9viter en 2026.<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-37","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mediation-heritage.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mediation-heritage.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mediation-heritage.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mediation-heritage.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=37"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.mediation-heritage.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mediation-heritage.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=37"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mediation-heritage.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=37"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mediation-heritage.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=37"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}